Fiche de cours : Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien - SMOP - SOPK
- Syndrome des ovaires polykystiques
- Polyendocrine metabolic ovarian syndrome
Mise à jour le 10/06/2026 à 21:06
Voir tous les cas RADEOS associés à cette fiche de cours
Définition
Le Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien (SMOP), anciennement Syndrome des Ovaires Poly Kystiques (SOPK), est une pathologie multisystémique complexe. Il s’agit d'une anomalie de la folliculogenèse caractérisée par un anovulation hyperandrogénique.
C’est la cause la plus fréquente d’infécondité et d’hyperandrogénie chez la femme en âge de procréer (5 à 10 % de prévalence).
Clinique
La présentation est hétérogène et repose historiquement sur la triade classique de Stein-Leventhal :
- Troubles du cycle : Oligoménorrhée ou anovulation (cycles > 45 jours).
- Hirsutisme : Évalué par le score de Ferriman et Gallwey (> 6).
- Obésité : Présente dans environ 80 % des cas aux USA, moins systématique ailleurs.
- Signes associés : Acné sévère, alopécie, acanthosis nigricans (plaques cutanées sombres) et douleurs pelviennes, troubles de l'humeur (anxiété, dépression).
A long terme, est un facteur de risque cardiovasculaire et de cancer de l'endomètre
Biologie
- Inversion du rapport LH/FSH
- Hyperandrogénie : Élévation de la testostérone libre, de l'androstènedione ou du sulfate de déhydroépiandrostérone (DHEAS).
- Hormone Anti-Müllérienne (AMH) : Généralement augmentée ; elle reflète fidèlement la réserve folliculaire visible en échographie et peut désormais être utilisée comme marqueur diagnostique.
- Métabolisme : Insulinorésistance et hyperinsulinisme, entraînant une baisse de la SHBG (protéine de transport), ce qui augmente la fraction libre des androgènes.
Echographie
Examen de première intention.
Doit être réalisée par voie transvaginale (sonde > 6 MHz) pour une résolution optimale, sauf chez les patientes vierges.
Critères diagnostiques (Mise à jour 2023)
Pour les femmes à plus de 8 ans de la ménarche, les seuils sont :
- Nombre de follicules par ovaire (FNPO) : >= 20 (follicules de 2 à 9 mm) dans au moins un ovaire. C'est le critère le plus précis.
- Si la qualité d'image est insuffisante pour le comptage :
- Volume ovarien : >= 10 mL (en l'absence de corps jaune ou de follicule dominant > 10 mm).
- Nombre de follicules par section (FNPS) : >= 10.
Autres signes (non pathognomoniques) :
- Distribution périphérique : Aspect en "collier de perles".
- Stroma : Hypertrophié, hyperéchogène et central.
- Doppler : Hypervascularisation stromale (augmentation de la vitesse du pic systolique, diminution de l'index de pulsatilité), bien que ces signes soient très subjectifs.
Note cruciale : L'échographie ne doit pas être utilisée pour le diagnostic chez les adolescentes (< 8 ans après la ménarche ou < 20 ans), car la présence d'ovaires multifolliculaires est physiologique à cet âge.
TDM
La TDM n'est pas indiquée pour le diagnostic du SMOP lui-même.
Son utilité réside uniquement dans l'exclusion de masses surrénaliennes (Cushing, tumeurs sécrétantes) en cas d'hyperandrogénie sévère.
IRM
L'IRM n'est pas systématique. Elle est indiquée en cas d'obésité majeure limitant l'échographie ou de suspicion de tumeur sécrétante.
- Séquences T1 : Follicules en hyposignal, stroma en signal intermédiaire.
- Séquences T2 : Excellente résolution en contraste. Follicules en hypersignal franc, stroma central en hyposignal (fibrose).
- Injection de Gadolinium : Prises de contraste annulaires autour des microfollicules, donnant un aspect en "rayons de miel" à l’ovaire.
CAT
Le diagnostic repose sur les critères de Rotterdam révisés (2023). Il faut au moins deux critères parmi :
- Dysfonction ovulatoire (oligo/anovulation).
- Hyperandrogénie (clinique ou biologique).
- Morphologie d'ovaires polykystiques à l'imagerie OU taux d'AMH élevé.
--> Si les deux premiers critères sont présents, l'échographie n'est donc pas nécessaire pour le diagnostic.
En cas d’hirsutisme, une pilule œstroprogestative est recommandée en première intention. Sa composante progestative inhibe la sécrétion de LH et réduit la production d’androgènes ovariens. La composante œstrogénique diminue le taux d’androgènes circulants. En cas d’échec de la pilule œstroprogestative, le traitement repose sur un anti-androgène (acétate de cyprotérone) combiné à un œstrogène naturel. L'acétate de cyprotérone est efficace en trois mois sur l'acné et en six mois sur l'hirsutisme mais nécessite une vigilance vis à vis d'un sur-risque de méningiome.
La dydrogestérone est une option pour la protection endométriale.
Options thérapeutiques pour l'hirsutisme : Spironolactone, laser.
Les anomalies métaboliques sont quant à elles traitées par des mesures hygiénodiététiques en première intention, puis par des médicaments antidiabétiques oraux si cela devient nécessaire.
Classification
La classification de référence est celle de la Conférence de Consensus de Rotterdam (2003), mise à jour par les Recommandations Internationales de 2018 et 2023. Les seuils de follicules sont passés de >=12 (critères 2003) à >= 20 (critères 2023) grâce à l'amélioration de la résolution des sondes.
Différentiels
- Hyperplasie congénitale des surrénales
- Syndrome de Cushing
- Tumeurs sécrétantes d'androgènes : Souvent caractérisées par une testostérone > 2 ng/mL, une asymétrie ovarienne marquée et une absence d'aspect micropolykystique typique
- Hyperthécose ovarienne : Forme extrême avec virilisation sévère, ovaires souvent sphériques et stroma prédominant